J’me suis assis su’l balcon
Pendant qu’les outardes s’en allaient
J’me dis qu’leur voyage est long
Comme le tien qui, finit jamais.
J’ai regardé par la fenêtre
J’ai vu l’automne arriver
J’ai regardé dans ma tête
Disparaître, les souvenirs d’été.
J’ai écouté les feuilles se plaindre
Pendant qu’les arbres s’endormaient
J’ai écouté le vent les rejoindre
Pas juste la cigale qui chantait.
Toujours assis su’l balcon
À r'garder la neige tomber
J’me suis dit qu’ça s’rait pas bin long
L’hiver, c’est fait pour oublier.
J’voulais dormir jusqu’au printemps
En espérant te voir arriver
L’hiver c’est bin trop déprimant
Ça laisse les regrets s’installer.
J’sais pas si les arbres se souviennent
Des feuilles qui les ont habitées
C’est d’la sève qui coule dans leurs veines
Pas les souvenirs, d’ceux qu’y’on aimé.
Mais un peu comme les saisons
Les feuilles finissent par revenir
Avec le vent et ses chansons
Le printemps fait fleurir les souvenirs
Et j’le sais qu’tu reviendras pas
Comme une outarde fatiguée
T’as choisi d’parler tout bas
C’tait plus facile pour t’en aller.
Enfin après le printemps
L’été embrasse la vie
Les outardes profitent du beau temps
Arbres et feuilles sont réunis.
Et pis l’automnes les outardes s’en vont
J’ai déjà hâte qu’elles reviennent
Sont p’t’être parties pour de bon
Les souvenirs eux aussi s’éteignent.
Pis j’t’encore assis su’l balcon
17 automnes à m’égarer
La cigale a rangé son violon
Le vent a arrêté d’chanter.