Beep.
Beep.
Beep.
Le moniteur cardiaque sur lequel était branchée Rachel émettait un son constant, accompagné des gouttes de soluté qui tombaient une à une. Un appareil respiratoire était aussi en marche, relié à deux tubes insérés dans ses narines.
Chris était assis à côté d’elle, sur une chaise noire. Il lui tenait la main sous la barrière qui longeait le lit.
Elle était méconnaissable — son visage tuméfié, boursouflé, cicatrisé, bleu-mauve d’ecchymoses. Les médecins l’avaient plongée dans un coma artificiel, le temps que son corps se répare.
Maude dormait dans le petit fauteuil de l’autre côté du lit, une main constamment appuyée sur le bras gauche de sa jumelle.
Des pas se firent entendre, puis quelqu’un s’approcha. Un policier gardait la porte de la chambre.
— Vous pouvez entrer, inspecteur. Dit l’agent de garde.
Chris se retourna pour voir Antoine entrer. Il lâcha la main de Rachel puis se leva immédiatement. Il regarda vers Maude qui dormait toujours, puis prit Rizzo par l’épaule et le fit tourner pour être dos à ses sœurs.
— As-tu du nouveau ? Demanda Chris.
— Y’a du monde sur le dossier. Faut laisser les gars faire leur job. Reprit Antoine.
Chris le saisit par le collet.
— On parle de ma sœur là. Dis-moi c’est qui, Rizz. J’vais m’occuper du reste. Gronda Chris.
Antoine posa doucement ses mains sur celles de Langlois.
— Relax, Chris. Penses-tu que j’ai pas envie de m’occuper de ça ? Donne-moi un peu de temps. Occupe-toi de Raytch, on va trouver qui a commandé c’t’attaque là, pis on va l’arrêter.
Christophe le poussa légèrement en le lâchant. Il retourna s’asseoir près de Rachel. Il enfonça ensuite son visage dans ses mains.
Au même moment, Maude s’est réveillée, incertaine d’où elle était. Elle prit le temps de s’étirer, puis flatta le visage de sa sœur avant de regarder Chris puis Antoine. Elle se leva et se dirigea vers le Rital.
— Des nouvelles ? Demanda-t-elle.
— Non, rien de concret, on cherche toujours. Comment elle va ? Demanda-t-il à son tour.
— Toujours pareil. Ils vont prolonger son coma de quelques jours. Répondit Maude.
Elle baissa la tête alors qu’Antoine la prit dans ses bras. Il serra plus fort son étreinte quand elle appuya la tête contre son torse.
— Chris m’inquiète. Dit-elle à voix basse.
— J’vais garder un œil sur lui, t’inquiète. La rassura Antoine.
Puis il relâcha son étreinte alors que Maude recula et retourna s’asseoir dans le fauteuil de l’autre côté du lit.
Antoine allait sortir de la chambre quand Chris l’interpella.
— T’es mieux de m’informer, Rizz. Oublie pas d’où tu viens, Bro.
— Inquiète-toi pas… Bro. Répondit Antoine avant de quitter.
Chris se retourna vers Rachel. Maude lui épongea le front avec une serviette humide.
— Tu devrais pas te mêler de ça, Chris. Dit Maude à voix basse, sans le regarder.
— T’es pas sérieuse là ? Reprit-il.
— Très. Laisse Antoine gérer ça, t’es trop émotif. Dit-elle sèchement.
— C’est de ma sœur qu’on parle.
— Et de la mienne, Chris. Dit-elle, les larmes aux yeux. J’ai assez d’elle dans cet état-là, j’ai pas besoin de te perdre toi non plus. Ragea-t-elle.
— Tu comprends pas. Dit-il, les dents serrées.
— Calice, Chris… C’est pas le temps de jouer au héros… Tu vas faire quoi, hein ?
— C’est une question d’honneur… J’suis son grand frère, tabarnack… Ces lâches-là, ils l’ont attaqué en blindside… C’est à moi à…
Son cellulaire sonna au même moment. Il se leva puis répondit. Maude l’observa s’éloigner. Il se plaça dos à elle dans le coin de la chambre. Parla un instant, puis remit le téléphone dans ses poches. Après une légère pause, il se frotta le visage puis revint vers Maude.
— Tu veilles sur elle, j’ai quelques petits trucs à régler à la maison.
— Chris…
— Je reviens tantôt.
— Chris Langlois, promets-moi de rien faire de stupide. Le supplia-t-elle.
— J’fais jamais rien de stupide, ma p’tite sœur.
Il l’embrassa sur le front, puis sortit de la chambre. Maude le regarda partir sans même avoir la force de le retenir. Elle prit alors son téléphone et envoya un texto à Antoine.
Chris sortit de l’ascenseur et se dirigea vers l’extérieur. Aux portes tournantes, il tomba face à face avec Antoine.
— Chris, je peux pas te laisser t’en aller.
— Tasse-toi, Antoine.
— Check, Ryan m’a appelé, on sait c’est qui, on le cherche, fais-nous confiance.
— Je te le dirai pas une autre fois, Antoine. TASSE-TOI. S’emporta Chris.
— Non. Répliqua Antoine.
C’est à ce moment-là que Chris le saisit par la gorge, le souleva et le projeta à travers la porte vitrée. Rizzo s’écrasa au sol de l’autre côté, des éclats de verre partout sous et sur lui. Sonné, il resta étendu alors que Chris l’enjambait.
— C’est rien contre toi, Bro. Mais j’t’avais averti. Lança Langlois.
— CHRIS !! Tabarnack, fais pas le con. Dit Rizzo, peinant à s’asseoir.
Des gens accoururent pour l’aider alors que Chris montait dans sa Lincoln noire, faisant crisser les pneus, s’éloignant dans la nuit montréalaise — pour seuls témoins, les néons, les réverbères et la lune de juin, éclairant le ciel, libre de tout nuage.
Chris se gara à proximité d’un bar mal famé d’Hochelaga-Maisonneuve, sur la rue Ontario. Il baissa la fenêtre puis éteignit les lumières de la voiture. Il attendit.
Patient, il observait les entrées et sorties du débit de boisson. Puis soudainement, quelqu’un attira son attention. Un homme baraqué.
Il s’éloigna de la porte puis s’appuya contre le mur avant de poser une cigarette entre ses lèvres. Il avait la tête baissée, regardant son téléphone.
Chris s’approcha. Lentement.
À quelques pas de l’homme, qui n’avait toujours pas décelé sa présence, Langlois lui demanda :
— Dit, j’peux te prendre une clope ?
L’homme releva la tête vers son interlocuteur quand il vit un Glock se poser directement sur son front. Il en laissa tomber sa cigarette et son téléphone.
— Wow, wow, wow… On peut parler… Dit-il, la voix tremblante.
— C’est trop tard pour parler, mon gros. Lâcha Chris, froidement.
— Écoute, je sais pas t’es qui, mais tu vas faire une grosse erreur. Sais-tu j’suis qui, moi ? Dit l’homme, toujours avec un soupçon de panique dans la voix.
— J’sais crissement t’es qui, mon sacrement, mais j’pense que toi tu savais pas qui était la femme que t’as attaquée y a deux jours.
— L’esti d’avocate pourrie ? Elle a eu ce qu’elle méritait. Dit-il, colérique.
Le coup de crosse qui suivit jeta l’homme au sol. Chris enchaîna d’un violent coup de pied puis s’approcha lentement. La rage dans le regard de Chris dépassait la peur que l’agresseur ressentait.
Deux coups retentirent.
Sarah ouvrit la porte pour y trouver Chris, les yeux rougis, le visage en sang.
— Fuck, Chris. Qu’est-ce… Où cé que t’es passé ? Demanda-t-elle en le tirant à l’intérieur.
— Ça va, j’ai rien. Répondit-il simplement.
— T’as pas rien, ciboire, tu saignes là. Ajouta-t-elle en pointant son arcade sourcilière. T’as plein de sang sur toi, ta main… What the fuck.
Elle l’assit dans la cuisine, puis repartit chercher une trousse de premiers soins. Les chats de Sarah vinrent tourner autour des jambes de Chris qui les repoussa en étirant les pieds.
Elle revint rapidement, plaça la trousse devant lui, puis mit une bouilloire sur la cuisinière. Elle s’affaira ensuite à lui nettoyer le visage et les coupures qu’il avait. Elle versa l’eau dans deux tasses dans lesquelles elle avait placé une poche de thé chacune.
Elle revint s’asseoir devant lui, posant les tasses sur la table.
Une fumée s’échappait de chacune d’elles. Chris encercla sa tasse de ses mains, cherchant sans doute un peu de réconfort.
— Tu vas me dire ce qu’il s’est passé ? Demanda-t-elle.
— J’ai trouvé le gars qui a ramassé Raytch.
Elle le regarda un instant. Puis détourna le regard.
— Chris… Qu’est-ce que t’as fait ?
— J’voyais noir…
— Te rends-tu compte des conséquences probantes ? Dit-elle en lui prenant la main.
Il la regarda un instant, sa main sur la sienne. Le regard inquiet de Sarah ne le quittait pas. Elle serrait de plus en plus fort.
— Chris… As-tu pensé aux filles, à Flavie… À Rachel, à Maude, à ta carrière… À moi ?
— J’fais juste ça penser aux autres tout le temps. Dit-il en retirant sa main.
— Chris… Se contenta-t-elle de répondre.
— Ça fait deux jours que j’dors pas, Sarah. Deux jours que je cherche pis personne trouve rien. Pis là j’ai eu un lead. J’allais pas laisser ça filer. C’est Rachel dont on parle. Ma sœur… MA SŒUR, Sarah… Mon sang. J’ai promis à mon père que je les protégerais, peu importe…
— T’aurais juste pu l’arrêter, laisser la justice suivre son cours.
— Come on, Sarah… Tu sais comment ça fonctionne. Quelle justice ? Ce gars-là est supposé être en dedans depuis des années.
Puis le cellulaire de Sarah vibra. Elle y jeta un œil.
Antoine.
« Chris est chez toi ? »
Elle répondit rapidement, sous le regard attentif de Chris.
« Non… Pourquoi ? »
« Ments-moi pas, Sarah. Il a fait une connerie. J’viens le chercher. »
« Fuck you, Rizz. Viens pas me faire chier avec tes histoires. Il est pas ici. Capice ? »
Antoine lut le message mais ne répondit rien.
Elle posa le téléphone sur la table. Puis regarda Chris qui l’observait. Il prit une gorgée de thé et reposa la tasse, doucement.
— Antoine s’en vient, hein ? Demanda-t-il.
— J’lui ai dit que t’étais pas ici.
— Il est pas stupide. Reprit Langlois.
— Et moi, je balance pas mes amis. Se fâcha Sarah.
Elle se leva pour aller poser sa tasse dans l’évier. Puis s’appuya contre le comptoir de cuisine. Elle passa une main sur son visage avant de regarder au plafond.
— Calice, Chris… Pourquoi t’es pas juste rentré chez vous ?
— Je… J’avais besoin de réconfort. Dit-il délicatement.
— Mais fuck… Argh. Dit-elle en se plaçant les mains dans les cheveux.
Chris se leva, fit le tour de la table et vint se placer devant elle. Il laissa glisser sa main sur son visage. Sarah releva les yeux, l’observant, le fixant.
— Tu peux pas toujours venir sonner chez moi quand t’es à moitié brisé, Chris. Raisonna-t-elle.
— Aide-moi, Sarah.
— Fuck, Chris… J’sauve pas les vivants… Tu l’sais…
Il prit alors sa main qu’il plaça sur son cœur.
— Si faut que je meurs pour que tu m’aides, dis-le tout de suite. Romanisa-t-il.
— Fuck you, Roméo, tu mourras pas dans mes bras.
Leurs bouches étaient près l’une de l’autre. Puis on cogna à la porte.
Chris recula, regardant autour de lui. Sarah le guida vers la chaise, lui ordonnant de s’asseoir. Elle plaça un doigt sur ses lèvres, l’intimant de se taire. Puis elle s’aventura dans le corridor vers la porte d’entrée.
Elle ne prit pas la peine de regarder par l’œil-de-bœuf, elle entrouvrit la porte.
Antoine.
Sarah bloqua alors la porte avec son pied et s’appuya contre le cadre.
— Hey, Rizzou… T’es pas à l’hôpital avec Raytch ? Demanda-t-elle, innocemment.
— Sarah, Sarah, je venais chercher mon manteau que j’ai oublié hier. Dit-il, ratoureux.
Sarah étira le cou, apercevant les trois voitures de police stationnées devant chez elle.
— T’as besoin d’une escorte pour récupérer ton manteau ? Depuis quand ? Demanda-t-elle.
Antoine sourit, regarda par terre puis releva la tête, l’air sérieux.
— Come on, Sarah, je sais qu’il est ici. Laisse-moi rentrer, il a merdé solide, notre beau Chris.
— Calice, Antoine, tu vas vraiment me mettre dans cette situation-là ?
— Tu m’as menti, je pourrais t’arrêter pour ça.
— Fuck you, Rizz. Si tu veux jouer au policier, j’ai des menottes dans la table de chevet, tu le sais, ça.
— C’est pas le fuck boy qui parle là. C’est l’inspecteur.
— Pis l’ami, lui ? Demanda-t-elle sèchement.
— Fais pas ça, Sarah.
— T’aurais fait pareil. L’accusa-t-elle.
— J’aurais fait pire, mais il m’a pas laissé le temps. S’emporta Antoine.
— Tout le temps les Langlois, hein, Antoine. Quand c’est pas Maude, c’est Raytch, quand c’est pas Raytch, c’est Chris.
— Tu vas me faire une crise de jalousie là, Sarah ?
— Va chier, Antoine.
— On a toujours dit sans attaches. Dit-il sèchement.
— Tu dis ça, mais ta brosse à dents est ici, ton manteau aussi, pis mon troisième tiroir est rempli de tes vêtements.
— J’ai une job à faire.
Elle le regarda avec rage. Puis baissa la tête un instant. Résignée.
— Tu veux que je fasse quoi ? Demanda-t-elle.
— Sors sur le balcon fumer une cigarette. J’vais m’occuper de lui.
Elle le regarda un instant, puis acquiesça de la tête. Elle détourna le regard puis s’éloigna.
Elle longea le corridor, passa la table, puis posa une main sur l’épaule de Chris. Elle enleva la cigarette qu’elle avait entre les lèvres, puis l’embrassa doucement.
Elle recula, délicatement. Sans le quitter des yeux.
— T’es pas encore mort…
Puis elle sortit par la porte arrière, sur le balcon. Elle s’appuya sur le mur de brique, faisant dos à l’appartement.
Chris rouvrit les yeux seulement pour voir Antoine tirer la chaise et s’asseoir devant lui.
— Chris. Dit-il simplement.
— Tantôt c’était Bro. Répondit Chris.
— Tantôt t’avais rien fait de stupide.
— T’aurais fait quoi à ma place ? Demanda Langlois.
— J’aurais fait confiance au système. Reprit Antoine.
— Fuck off. Toi ? Toi, de tous les policiers ? Toi, Rizzo, le policier Rital. T’aurais fait confiance au système ? S’emporta Chris.
— J’avais d’autres plans, mais tu m’as pas écouté quand j’t’ai dit de me laisser m’en occuper.
— Ça aurait changé quoi ? Dit Chris en tapant du poing sur la table.
— Pour commencer, tu serais pas en état d’arrestation.
— Tu vas arrêter ton meilleur chum ?
— J’vais arrêter un gars qui a laissé ses émotions surpasser le gros bon sens.
— C’est toi qui dis ça, Rizz…
— Calice, Langlois… Si tu m’avais écouté, là là, il existerait plus. Il monopoliserait pas une salle d’opération, des médecins, clean as fuck. No witness. Mais encore une fois, t’as fait à ta tête, parce qu’encore une fois tu voulais être le héros. C’est ça la différence entre nous deux, Bro.
— C’est ma sœur qui est dans le coma, Rizz.
— Fuck, Chris. Tu penses que j’le sais pas ? Que ça me laisse indifférent ? Que j’allais pas lui faire payer ?
— T’avais l’air passif… Bro.
— Esti que j’suis tanné de ta bullshit, Langlois. T’écoutes jamais personne… Fuck que t’es brouillon… Donne-moi ton arme.
— Vaffanculo. Tu comprends ça, right ?
— Donne-moi ton arme, Langlois. C’est un ordre que je répéterai pas. Dit Antoine en se levant, le poing sur la table.
Chris le regarda. Un instant, il laissa échapper un soupir. Il secoua la tête, regarda Antoine, puis se leva. Il sortit son Glock de derrière son pantalon et le posa sur la table. Il sortit ensuite le chargeur de sa poche et le déposa à côté. Il prit son badge et le lança sur la table.
— Tu peux compter les balles, y en manque pas. Dit-il simplement, avant de se retourner et de placer ses mains sur sa tête.
Antoine s’approcha. Sortit ses menottes et les passa autour des poignets de Chris.
— T’as pas choisi la bonne méthode, mon chum. Dit Antoine.
— On a pas tous le même passé que toi.
Antoine sourit.
— J’vais pas t’énumérer tes droits. Lui murmura Antoine.
— Merci. Se contenta de répondre Chris.
Puis Antoine le poussa légèrement vers l’avant. Il se tourna pour regarder Sarah. Elle se tenait devant la fenêtre de la cuisine, les larmes aux yeux, les observant. Quand ses yeux croisèrent ceux d’Antoine, elle détourna le regard.
Il ouvrit la porte d’entrée. Lui et Chris furent illuminés de reflets rouge et bleu. Ils s’avancèrent vers l’autopatrouille la plus proche.
Antoine remit le pistolet, le chargeur et le badge à un policier.
— Christopher Langlois, vous êtes en état d’arrestation pour voie de fait sur un agent de la paix.
— J’pensais que t’allais pas me lire mes droits. Demanda Chris à voix basse.
— La seule preuve que j’ai, c’est que tu m’as frappé. Lui dit tout bonnement Antoine.
— C’est pour ça que tu m’arrêtes ? Demanda Langlois, outré.
— T’as froissé ma chemise, mon esti.
— T’es sérieux ?
— J’ai eu du verre dans les cheveux… Ça m’a décoiffé.
— Esti d’Rizzo…
Antoine le regarda, assis dans l’auto. Il sourit. Chris lui fit un signe de tête en fermant les yeux. Puis Antoine se pencha.
— Allez, on se revoit au poste… Bro.
Il ferma la porte et tappa sur le toit de l’auto. La regarda s’éloigner.
Sarah arriva à ses côtés. Les bras croisés, cigarette entre l’index et le majeur.
— T’es vraiment un sale ami, Rizz.
— Inquiète-toi pas pour lui, j’lui ai fait une faveur.
Elle le regarda, incertaine.
— T’as de la vitre là.
Elle tira sur un éclat de verre coincé dans sa joue.
— Outch. Dit-il en se tenant la joue.
— Viens… J’vais te soigner. Dit Sarah en tournant les talons.
— Tu sais jouer à l’infirmière ? Demanda Rizzo en levant un sourcil.
— Non, juste la légiste.
— J’peux jouer au mort ? Demanda Rizz en la suivant.
— On en reparlera quand ton corps nu et inerte sera sur ma table.
— J’sais jamais si t’es sérieuse quand tu parles comme ça.
— J’blague jamais avec le sexe, Rizz. Tu devrais le savoir.
Antoine resta là un instant, incertain, sur le pas de la porte.
— Entre… Veux-tu ? Dit-elle, découragée.
Puis Antoine la suivit. Elle ferma la porte derrière alors que les gyrophares s’éloignaient et que la nuit montréalaise retrouvait son calme qui précède…
